1944

La Bulgarie est en guerre, tout comme le reste de l’Europe. Georges et Ilona Vartan ont quitté la capitale Sofia, pour se réfugier dans les montagnes, chez des amis à
Iskretz.
C’est dans ce petit village du nord ouest de Sofia que Sylvie Vartan voit le jour ce 15 août 1944 en fin d’après midi. Son frère Edmond, de 7 ans son aîné, est ravi.

1945

A la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, la famille Vartan retourne dans la maison familiale à Sofia, où Sylvie passera toute sa petite enfance aux côtés de son grand-
père paternel Robert Vartan et entourée par toute sa famille.

1950

Dans la Bulgarie de l’après-guerre, la situation politique sous le régime communiste est très difficile. Monsieur Vartan, attaché de presse à l'Ambassade de France à
Sofia/Bulgarie, se retrouve sans travail. La famille décide donc de quitter la Bulgarie et dépose une demande de visa pour la France. Georges Vartan possède la
nationalité française puisqu’il est né en France.

Cette année-là Sylvie participe comme figurante, à Koprivchtitza (magnifique cité historique bulgare), au tournage de son premier film « Sous le joug » tiré du livre de
Ivan Vasov*. Elle est une petite écolière parmi d’autres. Le cachet de ce film permet de lui acheter des bottines pour le voyage qui l’emmènera en France. C’est
également cette participation au tournage  film qui donne à la petite fille l’envie de devenir artiste et plus précisément de faire du cinéma.

* Ivan Vazov, un des plus grands écrivains bulgares, est né en 1850 à Sopot/Bulgarie. Il devient membre d’un groupe révolutionnaire bulgare. A l’insurrection (avril
1876), il publie sa première œuvre « Praporetz et Gousla ». Son deuxième livre a pour titre « Les Chagrins de la Bulgarie ». Plus tard, il quitte la Bulgarie et s’installe à
Odessa. C’est là qu’il écrira « Sous le joug ». Ce livre figure d’ailleurs dans les manuels scolaires bulgares. Ivan Vazov meurt à Sofia en 1921.
SOUS LE JOUG : Ce roman reflète l’éveil du peuple bulgare et ses luttes révolutionnaires menant à la libération du joug ottoman. A la suite de la libération du peuple
bulgare, le 3 mars fut décrété jour de la Fête nationale en Bulgarie en 1990 et fut fêté pour la première fois en 1880 comme « Jour de la libération bulgare ».
Plusieurs scènes de ce roman sont devenues classiques et chaque Bulgare les connaît quasiment par coeur. En 1951, un film fut tiré du roman d’Ivan Vasov et le
tournage fut un événement à l’époque. Pourtant, ce n’est que bien des années après le tournage de SOUS LE JOUG que les Bulgares apprennent que leur compatriote
Sylvie Vartan y a tenu un petit rôle.

1952

Après 2 ans d'attente, le visa leur est enfin octroyé. Ils prennent congé de leurs amis et doivent quitter définitivement les membres de leur famille. Sylvie est âgée de 8
ans et elle prend conscience, lorsque le train s’ébranle et quitte la gare, qu’elle ne reverra plus son cher grand-père, qui agite son mouchoir sur le quai.

Trois jours de voyage en train par la Yougoslavie, l’Italie et enfin la France, en troisième classe, et la famille Vartan arrive finalement à Paris, le 24 décembre 1952 au petit
matin.

Après un bref séjour rue Léopold Bellan à l’hôtel du Lion d’Argent, les quatre membres de la famille Vartan s'installent à l'hôtel d'Angleterre, moins cher, dans le quartier
des halles et non loin de la rue Montmartre. Ils resteront 4 ans dans cet établissement, dans la petite chambre n° 14. Eddie joue du cor d’harmonie et pour répéter sans
importuner les autres clients de l’hôtel, il s’enferme dans le placard.

Sylvie apprend le français sans accent en deux ans et fréquente alors l'école communale de la rue de Jussienne. Georges Vartan travaille aux halles dans une triperie et
Ilona est, elle aussi contrainte de trouver un emploi pour permettre à la famille Vartan de joindre les deux bouts.

La petite Sylvie, voyant ses parents s’épuiser au travail dit un soir à sa mère : « Tu verras maman, lorsque je serai grande, je t’achèterai une grande maison et tu n’
auras plus besoin de travailler… ».

1955

Sylvie entre au Lycée Victor Hugo, fait du patin à roulettes aux Tuileries ou va au cinéma avec son grand frère Eddie, lorsque celui-ci veut bien l’emmener. Une amitié s’
est tissée entre les Vartan et les propriétaires de l’hôtel et l’été, ils emmènent Sylvie en vacances au bord de la mer.

1956

La situation financière de la famille Vartan s’est quelque peu améliorée, toute la tribu déménage donc dans un appartement de Clichy-sous-Bois, situé à la « Cité de la
Pelouse » et acheté par Monsieur Vartan, payable en 25 ans.

Sylvie entre au Lycée du Raincy (lycée pilote mixte, où la discipline est très peu rigide). Monsieur Vartan, artiste dans l’âme mais obligé d’y renoncer pour nourrir sa
famille, achète un premier meuble pour leur nouvelle demeure et le montre fièrement aux membres de sa famille : un piano. Madame Vartan est effondrée, elle s’attendait
à un objet plus fonctionnel.

                                                                                                                                                                             
suite ->