ENTRETIEN AVEC SYLVIE VARTAN

De passage à Genève pour la première date de sa tournée internationale, Sylvie Vartan a accepté de répondre à nos questions au lendemain de son concert à l’Arena.
Elle a reçu chaleureusement l’équipe de SylvieVartanShow.com au grand complet dans un célèbre palace genevois pour un entretien exclusif.


SVS : Vous avez terminé une série de spectacles au Palais des Congrès et nous sommes ravis de vous retrouver à Genève, pour ce début d’une tournée
internationale. Quels souvenirs garderez-vous de ce spectacle à Paris ?

Sylvie Vartan : Un souvenir tout à fait lumineux, parce que d’abord, je ne m’attendais pas à cette réaction. Je chante depuis longtemps et je dois dire que je suis gâtée
puisque mes spectacles ont toujours remporté du succès, les gens étaient contents et j’aime toujours autant chanter sur scène. Là, j’appréhendais un peu le fait de
changer du tout au tout la couleur du spectacle, c’est-à-dire de faire plutôt un concert qu’un spectacle avec des danseurs, auquel j’avais habitué les gens depuis
longtemps, même si je ne suis pas vraiment inquiète lorsque j’aime ce que je fais. Mais quand même, je me demandais si le fait de ne pas avoir des numéros, des
tableaux, des choses comme ça, manquerait au show. Et puis en fait pas du tout, au contraire, ça a été vraiment complètement inattendu. Le public est toujours
formidable, j’ai un public en or, mais c’est surtout la réaction des journalistes qui m’a surprise. Dans le Figaro Magazine par exemple, je n’ai jamais eu une critique
comme ça de ma vie. Subitement, au bout de tant d’années, ça me fait rire… Cette réaction n’était pas du tout anticipée, je suis très contente.

SVS : Votre tournée 2008 va vraisemblablement passer par Sofia. Quel est votre sentiment à propos de ce retour en Bulgarie ?

Sylvie Vartan : J’ai bien sûr très envie de retourner chanter là-bas. Ca fait déjà très longtemps, les années passent très vite et j’en ai gardé un souvenir bouleversant.
Là, ce sera toujours aussi émouvant car la Bulgarie, pour moi, c’est un point sensible de mon cœur. Ce sera forcément encore une expérience émotionnelle forte.

SVS : L’annonce d’un spectacle commence par une affiche attirante, qui donne envie de le découvrir. Quelle est selon vous votre affiche la plus réussie,
celle qui vous représente le mieux ?

Sylvie Vartan : Il faudrait que j’aie mon livre (ndlr : Sylvie Vartan « Dans la lumière ») comme point d’appui ! Je ne sais pas. Chaque affiche a sa personnalité par
rapport au spectacle. Souvent, ce sont des gros plans, parce que c’est ce qui projette le mieux un regard. J’ai eu des affiches qui étaient plus en mouvement. L’affiche
du Palais des Congrès 1975 par exemple, où j’étais assise, avec un cœur, c’était le début des grands spectacles. Il s’agissait des premières grandes affiches que l’on
pouvait placarder dans Paris à l’horizontal. Non, je n’en ai pas de préférées, c’est comme les chansons. Par exemple cette fois-ci, Thyen m’a fait une très belle affiche je
trouve. C’est un grand photographe. Quand j’aime la photo, je ne vais pas au-delà. C’est sûr, il faut que ce soit quelque chose qui soit assez fort.

SVS : Y a-t-il une salle, un endroit, à Paris ou ailleurs, où vous n’avez pas encore chanté et où vous rêveriez de vous produire ?

Sylvie Vartan : Ah oui, à l’Opéra Comique. C’est une magnifique salle. J’ai d’ailleurs tourné le clip de « C’est fatal » là-bas. J’ai trouvé cette salle formidable !

SVS : Et quel genre de spectacle y feriez-vous ? Un spectacle comique ?

Sylvie Vartan : Non fatal, tout le contraire de comique. Dramatique même.

SVS : Avez-vous, à un seul moment de votre carrière, douté que le public ne puisse pas être au rendez-vous ?

Sylvie Vartan : En toute modestie et aussi inconsciemment que ça puisse paraître, non. Mais cette fois-ci, j’avais un peu peur, justement à cause du changement de
cap total de 360 degrés. Vraiment j’ai plongé. Il faut plonger parfois, de plus haut, mais en s’assurant toutefois qu’il y a de l’eau ! (Eclats de rires)

SVS : Durant ces 20 dernières années, vous n’avez pour ainsi dire jamais participé aux grands festivals d'été de France ou d'ailleurs (les Francofolies de
la Rochelle, le Festival des Vieille Charrues, le Paléo festival de Nyon, Bourges, etc.). Pourquoi ? On ne vous le propose pas ?

Sylvie Vartan : Ah oui, c’est vrai. Je ne sais pas, en voilà une bonne question. Je l’ignore…

SVS : Quel est votre pire souvenir de scène ?

Sylvie Vartan : Lorsque j’ai avalé mes moustiques, c’était terrible puisque ça m’a carrément coupé la voix et j’ai dû être évacuée. Je me demandais ce qui m’arrivait.

SVS : Et le plus drôle ?

Sylvie Vartan : En même temps, c’est le plus drôle, tout compte fait. C’est comique comme situation. Il faut le faire, surtout deux fois ! Une fois déjà, c’est terrible,
mais deux…

SVS : Nous avons eu le plaisir de vous applaudir au Japon (en 1992 et 2005) et ce qui nous a impressionnés fut l’accueil de votre public nippon. Depuis
votre premier voyage dans les années 60, il est d’une fidélité exemplaire. Comment l’expliquez-vous ?

Sylvie Vartan : Oui, c’est vrai. Ils viennent même à Paris et ils sont venus là aussi. Ils sont mignons comme tout ! Mais je ne saurais pas l’expliquer. J’aime moi aussi
beaucoup le Japon et peut-être le ressentent-ils. Tout le monde aime beaucoup aller au Japon et c’est un bonheur pour toute la troupe. Tous les musiciens, tout le
monde demande à y aller et cette fois-ci, nous allons récidiver.

SVS : Quels souvenirs gardez-vous de vos tournées en Afrique ou encore en Amérique du Sud ?

Sylvie Vartan : Oh la la, c’était assez rocambolesque et des voyages au bout du monde pour nous, à l’époque. Nous étions très jeunes et ça avait un côté très gai,
très joyeux. Nous avions un côté Tintin, puisque nous découvrions des paysages, des publics. On était très bien reçus partout et chanter devant ces gens qui venaient
nous voir nous fascinait. Au bout du monde, il y avait un public qui venait aux concerts. C’était un public assez bruyant, même si cela dépend de la musique…

SVS : Le trac : l’avez-vous davantage lors des générales parisiennes, lorsque vous savez le parterre rempli de célébrités ?

Sylvie Vartan : Ce ne sont pas les célébrités qui me font spécialement peur, ce serait plutôt les premières. Il y a forcément un mélange d’appréhension, d’anxiété, d’
impatience, l’envie de bien faire. Attendre, c’est tuant, aussi. Il faut, au bout des répétitions, pouvoir le faire vraiment. C’est le public qui donne cette dimension au
spectacle et qui lui donne la vie, sinon ça a un côté stérile. On a quand même du métier et l’habitude, on a des idées, des rêves et donc on imagine que ça plaira, mais c’
est toujours un grand point d’interrogation, on n’est jamais sûrs. C’est justement ce flou artistique qui fait peur.

SVS : Lors de vos rentrées parisiennes, il n’est pas rare de croiser dans la salle des admirateurs venus tout exprès des 4 coins de la planète (Japon, USA,
Italie, Amérique du Sud, Espagne, etc.) et ayant fait le coûteux déplacement pour vous applaudir à Paris. Quel est votre sentiment ?

Sylvie Vartan : D’abord, Paris est une ville qui parle au monde entier. Tout le monde a la perception qu’à Paris, c’est une grande salle et que le spectacle peut être
différent. Disons que l’écrin est différent, et il y a des gens qui viennent à Paris tout exprès.

SVS : Vous étiez hier soir sur la scène de l’Arena de Genève. Que pensez-vous du public suisse ?

Sylvie Vartan : Tout le monde dit qu’il est mauvais, mais moi je trouve qu’il est très bien ! Hier soir, il y avait une très bonne ambiance. Malgré le problème du micro en
première partie (ndlr : Sylvie a eu une panne de micro) qui fut pénible, c’était très bien. Mais bon, ça peut arriver, n’est-ce pas ?

SVS : Dans les années 70-80, vous avez enregistré d’excellents titres country notamment grâce à Michel Mallory qui aime particulièrement ce style de
musique. En revanche, c'est un style que vous avez très peu exploité sur scène. Pourquoi ?

Sylvie Vartan : Moi j’aime beaucoup ces chansons-là, comme « Les chemins de ma vie », « L’heure la plus douce de ma vie », etc. Nous avions songé à les mettre, mais
c’est toujours pareil, on ne peut pas tout chanter. On est parti dans une direction plus rythm’n blues, plus rock, donc ça faisait un peu retomber le rythme du show.

SVS : Vous souvenez-vous avoir chanté une adaptation de « Me and Bobby Mc Gee » de Janis Joplin au Japon ?

Sylvie Vartan : Oui, mais où est cette chanson, exactement ?

SVS : Elle se trouve sur un live japonais enregistré à Tokyo. Il y a en réalité deux versions : une avec cette chanson et l’autre sans.

Sylvie Vartan : Vous savez, les live japonais, c’est une catastrophe, le son est horrible.

SVS : Malgré de nombreux enregistrements en Italien, vous n’avez jamais chanté dans cette langue sur une scène française. Pourquoi ? En 2004 par
exemple, vous aviez parlé de présenter un medley durant votre spectacle au Palais des Congrès, mais l’idée n’a pas été retenue. Et puis « Preghero », c’
est une tellement jolie chanson !

Sylvie Vartan : Oui, j’adore chanter en italien. Je n’ai même pas entendu le mixage final de « Preghero », il faut que je la réécoute. Ils l’ont mise sur la compilation « 50
chansons », je vais écouter le disque.

SVS : Nous sommes toujours surpris, en écoutant vos ‘’live’’, de la qualité des arrangements musicaux, en particulier ceux de l'époque Benoît Kaufmann
- Gérard Daguerre- John D'Andrea (77-91) qui n'ont - en toute honnêteté - pas pris une ride et sont encore d'une grande modernité. Comment vous
impliquez-vous dans ce travail particulier ?

Sylvie Vartan : Ah oui, Benoît est venu me voir hier. On choisit les arrangeurs selon nos goûts. Là, c’était donc Tony et Jannick Top qui se sont appliqués à faire ça.
Moi, je n’avais rien à faire, pour une fois. C’est drôlement bien ! Après, je n’avais qu’à dire oui ou non. C’est rare. Les arrangements sont superbes, mais enfin ceux du
disque aussi sont magnifiques. Bien sûr, le live rend mieux…

SVS : Votre collaboration avec Walter Painter a été très prolifique puisqu’il a signé la mise en scène et la chorégraphie de 5 de vos spectacles. En
revanche, pourquoi n’avoir collaboré qu’une seule et unique fois avec Jojo Smith ou encore avec Howard Jeffrey ?

Sylvie Vartan : Howard Jeffrey, pour la bonne et simple raison qu’il est mort le malheureux. C’est donc une raison majeure. Quant à Jojo Smith, il a pris par la suite des
chemins de campagne… ça aurait été des chemins de montagne, il aurait eu une chance… (rires)

SVS : Vous avez très peu travaillé avec des chorégraphes français, à l’exception peut-être d'Arthur Plaschaert à vos débuts et de Lydie Callier pour votre
concert à Sofia en 1990. Est-ce lié au fait que vous préparez vos spectacles aux Etats-Unis ?

Sylvie Vartan : Oui et puis la méthode américaine me convient, parce que c’est l’exigence qui est importante, mais aussi le background. Le fait qu’ils ont une culture
beaucoup plus vaste, avec la musique, le cinéma, etc. C’est vraiment de là que tout vient. Je ne dis pas que ça n’existe pas ailleurs, mais disons qu’ils sont davantage
sollicités pour faire des choses bien plus souvent. Et tout le monde sait que lorsqu’on fait très souvent les choses, il y a davantage de facilité à créer. Mais ça dépend
aussi des rencontres. Lydie Callier était extrêmement créative et j’aimais beaucoup ce qu’elle avait fait sur « C’est fatal », c’était génial. Hélas, elle ne fait plus de
chorégraphie. Evidemment, il existe des gens très créatifs, mais ils ne sont pas forcément dans mon style. Et puis je connais mieux ce panel de gens, là-bas qu’en
France, où je sais moins bien qui fait quoi. Là-bas, c’est extrêmement varié et très riche. C’est vrai que j’ai travaillé toujours avec les mêmes parce qu’il y a un confort
aussi. Le fait que les gens vous connaissent, qu’on aime les mêmes choses, etc. On s’installe dans un confort. Lorsque parfois on essaye de faire autrement, d’aller
dans une direction totalement opposée, ça ne marche pas du tout, c’est très casse-gueule et ça n’amène à rien.

SVS : Comme avec Alfredo Arias, par exemple ?

Sylvie Vartan : Oui, voilà, pour ne pas le mentionner…

SVS : En 2004, qui est à l’origine de cette idée de vous faire danser sur une barre de striptease ?

Sylvie Vartan : J’essaie de ne pas dire de bêtises, mais il me semble que c’est Tony.

S
VS : Et avez-vous immédiatement été séduite ?

Sylvie Vartan : Ah oui ! et je me suis dit que Madonna allait le faire… d’ailleurs elle l’a fait.

SVS : Justement, Madonna dit de vous que vous êtes la seule chanteuse française qu’elle connaisse ! Et vous, que pensez-vous d’elle, sur scène ?

Sylvie Vartan : J’aime beaucoup ce qu’elle fait, bien sûr. C’est une bonne danseuse, elle bouge très bien. Elle est très pointue et elle sait exactement ce qu’il faut faire
et elle le fait très bien.

SVS : Est-ce un style de musique que vous écoutez ?

Sylvie Vartan : Je n’écoute pas beaucoup de musique, mais j’aime bien. Forcément, j’aime bien ce style de spectacle.

SVS : Quel ballet ou quel tableau a votre préférence ?

Sylvie Vartan : J’en ai deux : « Enough is Enough » et « La drôle de fin ».

SVS : Et celui que vous n’auriez jamais dû faire ?

Sylvie Vartan : Ca ne va pas jusque-là, mais disons que « Las Vegas » (ndlr : Lady Veine) était un peu redondant. C’est difficile de répondre car en général, ceux qui
ont été conservés, on les aime. Ceux que je n’aurais jamais dû faire, je ne les ai pas faits.

SVS : Selon quels critères choisissez-vous les stylistes et couturiers ? Leur laissez-vous une liberté totale de création ou avez-vous des idées très
précises, au-delà bien sûr des contraintes techniques qui peuvent intervenir ?

Sylvie Vartan : J’ai des idées bien sûr, mais aussi des exigences, dans la mesure où je leur dis les couleurs que je ne veux pas ou que je n’aime pas. Ensuite, je les
laisse faire. Lorsque ce sont des créateurs qui ont du talent, je leur fais confiance et j’aime faire appel à eux parce qu’ils interprètent mes idées à leur manière et c’est ça
qui est intéressant.

SVS : Un nom revient souvent quand on relit les programmes et que l'on connaît peu, c'est celui de Roberto Rossello ? Qui est-il ?

Sylvie Vartan : Roberto est un garçon très talentueux qui a fait et qui fait toujours les costumes de toutes les grands shows spectaculaires, genre les Folies Bergères,
Casino de Paris, Lido, etc. Mine Vergès (ndlr : qui a signé les tenues de Sylvie au Palais des Congrès 2008) exécute ses dessins, très souvent.

SVS : Durant de nombreuses années, Marc Bohan (Christian Dior) vous a habillée à la ville. Pourtant, il n’a créé, à notre connaissance, qu’une seule
tenue de scène pour vous (final Las Vegas). Pourquoi ? Avait-il un style trop classique, pas assez exubérant pour la scène ?

Sylvie Vartan : C’était un styliste extraordinaire. Tout ce qu’il a fait pour moi est magnifique, je trouve qu’il a un talent fou et j’ai beaucoup regretté qu’il prenne sa
retraite. Il était très talentueux !Je ne sais pas pourquoi, mais en fait ça correspondait au moment où j’ai rencontré Bob Mackie aux Etats-Unis et dans cette période, c’
est Bob Mackie qui a pris le relais. C’était vraiment un costumier. J’aimais beaucoup ce qu’il faisait et je pensais que par rapport aux tableaux et à la danse, c’était quelqu’
un qui savait très bien confectionner ce style de tenues. En général, les créations des grands couturiers ne sont pas forcément pratiques pour danser. Par exemple, la
belle robe faite par Gianfranco Ferré que j’adore, dans laquelle j’ai chanté au Palais des Sports 91 « C’est fatal » avec les pans, je n’arrivais pas à lever les bras… Elle était
statuesque, mais magnifique. C’était une robe de couturier. Il faut avoir une aisance pour bouger qu’un costumier comprend mieux qu’un couturier.

SVS : Depuis la création du site, nous avons eu l’occasion de rencontrer plusieurs membres de vos différentes troupes, qui ont gentiment accepté de
répondre à nos questions. Toutes et tous ont gardé de merveilleux souvenirs et pour certains, souhaiteraient retravailler avec vous. Comment expliquez-
vous cet attachement ?

Sylvie Vartan : C’est comme une famille. Lorsqu’on part en tournée, c’est très convivial. On vit tous ensemble, en faisant les choses que l’on aime. On partage la sueur,
la difficulté, le bonheur, les voyages, etc. Forcément, ce sont des moments toujours très joyeux.

SVS : Vos nombreuses participations aux célèbres shows télévisés de Maritie et Gilbert Carpentier ont-elles contribué à vous inspirer pour l’élaboration
de vos spectacles et leur mise en scène ?

Sylvie Vartan : Indéniablement. C’était un tel plaisir de travailler avec eux. C’était des artistes, des gens formidables, courtois, d’une grande élégance, d’une grande
gentillesse. Ils étaient adorables et n’étaient pas du tout intéressés. Ils faisaient vraiment ça par plaisir et par bonheur. Ca a passé l’écran, ça a débordé sur tous les
gens qu’ils ont engagés. C’était vraiment formidable de se retrouver dans leur appartement à Luxembourg. Maritie était un ange, c’était comme une deuxième maman
pour moi, je l’aimais énormément, elle était charmante, elle avait beaucoup de talent. Elle écrivait, elle était enthousiaste, c’était formidable ! Bref, des gens vraiment
uniques.

SVS : Qui choisissait les artistes, les duos, les chansons, etc. ?

Sylvie Vartan : On le faisait ensemble. Lorsqu’elle donnait carte blanche à un artiste, celui-ci avait ses préférences. On discutait de la teneur du spectacle. Moi, j’avais
toujours mes acolytes favoris et à travers ce groupe, un peu toujours le même, on échafaudait des histoires. Ca se passait comme ça.

SVS : Pour le Palais des Congrès 1983, vos admirateurs ne sont pas d’accord sur un point : certains disent que le spectacle n’a pas été filmé et d’autres
affirment qu’au contraire, il a été filmé. Qu’en est-il exactement ?

Sylvie Vartan : Il n’a pas été filmé pour la bonne raison qu’il y a eu une grève, il y a eu des controverses, les musiciens ne voulaient pas, je ne sais plus exactement. Ou
alors, je ne sais pas qui l’aurait filmé.

SVS : Et pourtant, de nombreux extraits montés et non amateurs circulent…

Sylvie Vartan : C’est ce qu’on m’a dit. Mais je ne sais pas d’où viennent ces extraits car c’est le seul qui n’a pas été filmé, tout comme le spectacle du Palais des Sports
1991. Mais celui-là, je l’ai moi… (elle sourit malicieusement).

SVS : Et où en est le projet de rééditions de vos shows en DVD ?

Sylvie Vartan : On y travaille. C’est un peu comme le pendant visuel de mon livre « Dans la lumière ». J’ai très envie que ça existe car on n’en trouve aucun, ce n’est
pas normal.

SVS : Y aura-t-il des bonus ou s’agit-il uniquement des cassettes vidéo reprises en DVD ?

Sylvie Vartan : Ce serait bien d’avoir des bonus, mais j’ignore comment ils pourraient les avoir. Ce sont des formats télévision de 50 minutes et comme c’était toujours
les télévisions qui coproduisaient, ils avaient forcément des rushs, édités n’importe comment. Mais je ne sais pas comment avoir le reste.

SVS : Et votre dernier Palais des Congrès 2008, pensez-vous qu’il va sortir rapidement en DVD ?

Sylvie Vartan : Il devrait sortir en avril, avec peut-être un CD live dedans, comme en 2004, ça on ne sait pas encore. Il faut le temps de mixer le son, etc.

SVS : Et vos projets cinématographiques ? À quand Sylvie Vartan dans un rôle comique ?

Sylvie Vartan : Ah oui, ce serait bien, mais ils ne me voient pas en comique. Et pourtant…

SVS : Lorsque votre assistant Didier Terron monte sur les planches, n’auriez-vous pas envie, à votre tour, de vous essayer au Théâtre ?

Sylvie Vartan : Non, pour l’instant, j’ai la tête pleine de musique…

SVS : Souhaiteriez-vous que votre fille Darina se lance dans une carrière artistique ?

Sylvie Vartan : C’est un bonheur d’être artiste, encore faut-il avoir des épaules solides, une colonne vertébrale pour ne pas tomber. Les carrières de sportif, d’artiste,
sont difficiles. Il y a plein d’écueils. Il faut avoir la passion, il faut avoir le feu. Si on ne l’a pas, on ne s’improvise pas artiste. On l’a en soi ou on ne l’a pas. On ne se dit
pas en se réveillant un matin : « Tiens, je pourrais faire artiste. Pourquoi pas ? ».

SVS : Utilisez-vous régulièrement Internet ?

Sylvie Vartan : Pour correspondre, oui. Mais je ne regarde pas, parce que sinon on peut y passer sa vie et je n’ai pas le temps.

SVS : Vous ne regardez donc pas les sites qui vous sont consacrés ?

Sylvie Vartan : Non, mais je devrais. Pourtant ça ne m’intéresse pas. Une fois que les choses sont faites, je ne m’intéresse plus. Ce qui est passé est passé, je ne
regarde jamais en arrière, sauf lorsque je dois travailler en avant.

SVS : Depuis plus de 40 ans, on vous pose sans cesse des tas de questions. Et vous Sylvie, auriez-vous une question à poser à vos admirateurs ?

Sylvie Vartan : Ah (elle éclate de rire)… Oui ! Comment font-ils pour savoir toujours où je suis ? C’est une question que je me pose depuis le tout début. Par exemple,
personne ne sait lorsque je prends l’avion ou que je reviens, sauf les compagnies aériennes, mais il y a toujours quelqu’un qui est là pour m’attendre avec des photos,
avec des disques. Ca m’interpelle et je me demande comment c’est possible.

SVS : Malheureusement, on ne peut pas vous répondre !

Sylvie Vartan : Et bien voilà ! Alors vous n’êtes pas aussi bien renseignés…

SVS : Et après cette tournée, quels sont vos projets ?

Sylvie Vartan : J’ai un autre projet musical.

SVS : Vous n’en direz pas davantage ?

Sylvie Vartan : Non ! Je ne sais pas encore où je vais le faire, mais c’est un projet de scène. Il va également falloir que je réfléchisse à un disque, mais ça, c’est trop
compliqué ! Il faudrait que je fasse les musiques moi-même. Il y a souvent des auteurs-compositeurs qui pensent que c’est une chanson pour vous et ce n’est pas du
tout le cas. Ce n’est pas une question de qualité, c’est une question de choix personnel. Il faut que ça me touche. C’est difficile, comme exercice. Mais j’écoute toujours
tout. Des projets, j’en ai encore au moins un. Après, on verra…

SVS : Et avec Paul Manners, qui avait d’autres chansons pour vous ?

Sylvie Vartan : Elles me plaisaient beaucoup moins. L’album était bien, mais après, c’était moins bien. C’est difficile et je devrais les écrire moi-même, mais il faut du
temps. Et puis je suis assez paresseuse. Il faudrait que je m’y mette, avec un pianiste. J’aurais pu faire cela avec Claude Gaudette, qui était un pianiste formidable.
Malheureusement il est décédé. Tous les deux, nous avions un projet, mais bon... Les musiques sont compliquées à trouver, les paroles le sont beaucoup moins. L’
inspiration musicale française n’est pas du tout la même que l’inspiration anglo-saxonne. Trouver des chansons rapides est pratiquement impossible.

SVS : Et avec votre fils David ?

Sylvie Vartan : Il faut déjà qu’il les écrive pour lui, il a son style.

SVS : Appréciez-vous les jeunes auteurs-compositeurs français, comme Raphaël par exemple ?

Sylvie Vartan : Chez les chanteurs, je préfère les voix plus rudes, comme Bob Seger, John Fogerty. Mais j’aime Mika aussi, qui pourtant a une voix de tête.

SVS : Et ne pourrait-il pas vous faire une chanson ?

Sylvie Vartan : C’est un amour, je l’aime beaucoup, il est formidable. Je suis allée le voir à Los Angeles et je trouve qu’il a beaucoup de charisme.

SVS : Il vous apprécie beaucoup également apparemment !

Sylvie Vartan : J’aime beaucoup ce qu’il fait. En fait, il a énormément de personnalité, il est très talentueux. J’étais sûre qu’il allait tout casser ! J’ai écouté son disque
avant qu’il ne soit au sommet, c’est très plaisant, dansant, avec un côté très mélodique.

SVS : Merci beaucoup Sylvie de nous avoir accordé un peu de votre temps, si précieux !

Sylvie Vartan : Merci à vous, surtout ! Depuis le temps que nous devions nous voir. Vous avez de la patience !


Tous nos remerciements à Sylvie pour sa gentillesse et à tous ceux qui nous ont permis de réaliser cet entretien. Ils se reconnaîtront !

Genève (Suisse), le samedi 23 février 2008