ENTRETIEN AVEC PASCALE SCHEMBRI

Véronique Spinosi : Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir danseuse ?

Pascale Schembri :
J’ai toujours dansé, du plus loin que je me souvienne… c’était chez moi un mode de vie plus qu’un loisir. J’ai dansé pour l’école, pour les kermesses
paroissiales, pour les mariages, les baptêmes et les galas de fin d’année bien sûr, qui étaient pour moi l’occasion rêvée de vibrer sur une vraie scène. Je donnais des
cours au collège à mes amies. Je chorégraphiais pour diverses occasions avec un plaisir inavouable… En voyant Françoise Legrée de l’Opéra de Paris et les spectacles de
Sylvie, je me suis dit, du haut de mes 8 ans : c’est ce que je veux faire !

V.S. : Quel a été votre parcours professionnel avant de rencontrer Sylvie Vartan ?

P.S. :
J’ai appris à danser au centre culturel de Cagnes-sur-Mer. Puis, j’ai fait l’école de spectacle de la Victorine à Nice. J’y ai rencontré Rick Odums, chorégraphe
américain très en vogue. Il m’a engagée dans sa compagnie à Paris ‘’Rick Odums Dance Explosion’’. Nous sommes partis à Paris répéter pour le spectacle de la
compagne au SVS. Sylvie Vartan Studios… Un rêve, non ?

V.S. : Dans quelles circonstances avez-vous été amenée à travailler avec Sylvie et à quand remonte votre première rencontre/collaboration ?

P.S. :
J’ai passé une audition pour le spectacle de Sylvie au Palais des congrès en 1983, puis deux, puis huit pour finalement être sélectionnée. 300 candidats et
candidates se sont présentés. J’ai eu cette chance. J’ai l’habitude de dire que je n’étais ni la plus belle, ni la plus grande danseuse, mais j’avais sans doute un désir fou
qui devait se lire dans mes yeux. J’aimais beaucoup chanter, c’est ce qui m’a départagée. Pour choisir parmi les huit dernières danseuses, il nous fallait chanter… je
connaissais ‘’Rip it up’’ par coeur....!!!!

V.S. : Connaissiez-vous Sylvie Vartan en tant qu’artiste avant de travailler avec elle ?

P.S. :
C’était mon idole lorsque j’avais huit ans et je l’ai toujours suivie, toujours aimée et respectée. Ma maman nous emmenait voir ses spectacles, je connaissais
chansons et chorégraphies de télé par cœur !

V.S. : Combien de temps avez-vous passé dans la compagnie de Sylvie au total ?

P.S. :
Deux ans et demi, je crois.

V.S. : Quel est votre ballet préféré parmi ceux que vous avez dansé aux côtés de Sylvie ?

P.S. :
J’ai un faible pour ‘’Enough is enough’’, que je n’ai dansé qu’au Japon et aux Etats-Unis… Sinon, je peux dire que ‘’Latino’’ était extrêmement agréable à danser,
ainsi que ‘’ It’s raining men’’… Tous m’enchantaient, à vrai dire !!!

V.S. : Quel a été, selon vous, le chorégraphe qui a le mieux mis en valeur Sylvie ?

P.S. :
Je ne sais pas, j’aimais le spectacle 77-78 (ndlr : au Palais des Congrès), mais je le voyais avec mes yeux d’enfant. J’ai mon chouchou, celui qui m’a engagée et qui
m’a donné ma chance : Claude Thompson. Avez-vous des nouvelles ? J’aimerais tant lui dire ce qu’il m’a offert !

V.S. : Avez-vous des anecdotes amusantes de cette époque à nous raconter ?

P.S. :
On riait en permanence. C’est le souvenir global que je garde. Dans le bus, dans les coulisses, les caravanes ou les théâtres, on gardait une âme d’enfants qui
jouent. Un truc drôle ? Un soir, je suis sortie de scène derrière le rideau au lieu de sortir devant le rideau. Il n’y avait pas d’escalier, je suis tombée très bas sur le sol et j’
ai disparu de la vue des musiciens et des techniciens... Je me suis fait très mal, mais je les comprends… tout le monde étouffait de rire sur scène !!!!!! Sylvie, sentant
que quelque chose se passait sans pouvoir y participer, bien sûr, tentait de comprendre. Quand elle a vu mon genou, elle a compris.

V.S. : Sylvie était-elle exigeante dans le travail ?

P.S. :
Je n’ai jamais vu Sylvie faire une réflexion, une remarque à qui que ce soit. Elle avait des demandes, des préférences, mais toujours dans le respect et la
gentillesse.

V.S. : Qui a mis fin à votre collaboration avec Sylvie ?

P.S. :
Un danseur est un intermittent du spectacle. A la fin de son contrat, il cherche un autre travail. Je suis partie animer une émission sur TF1 pendant trois ans qui s’
appelait VITAMINE. Puis j’ai voulu être chanteuse. J’ai changé d’avis très vite.

V.S. : Quel regard portez-vous sur la carrière de Sylvie et sur ses choix musicaux actuels ?

P.S. :
Je l’aime tout court, sans suivre de très près sa carrière. Je trouve qu’elle chante bien et qu’elle choisit bien ses chansons.

V.S. : Comment expliquez-vous sa longévité dans ce métier et l’amour que lui porte toujours autant son public ?

P.S. :
Sa vérité, son vouloir être vraie. Cette femme est une femme de tête et de cœur, c’est que qui fait la différence. Elle est à la fois mystérieuse et sensible, icône et
proche des gens. Et son talent. Quelque chose dans la voix qui touche, une gestuelle différente. Jamais de compromis. Droite et fière. A l’époque, j’avais entre 20 et 23
ans, j’étais un bébé. Je n’ai pas pu tisser de vrais liens. Nos liens étaient professionnels uniquement. Je le regrette. Elle m’a cependant bien aidée lors de la sortie de
mon disque : ‘’Les mots du jour’’, elle a accepté la presse et m’a présenté royalement durant certaines émissions télé….

V.S. : Quelles sont vos activités aujourd’hui ?

P.S. :
J’écris. Cette année, j’ai co-écrit une chanson pour Michel Sardou ‘’Dis-moi’’, qui est sur son dernier album DU PLAISIR, et une autre pour l’album de Julie Zenatti ‘’
Je voudrais que tu me consoles’’. Une belle année pour moi. A noter aussi la participation au livre de Liliane Boyer et Claudine Levanneur ‘’Nos Tendres Années… avec
Sylvie Vartan’’.

V.S. : Avez-vous gardé des contacts avec d’autres membres de la compagnie ?

P.S. :
J'ai un ami très cher : Eric Alvergnat, toujours avec Sylvie. Il fait le son. Et bien sûr Hubert Leforestier, ami pour toujours, même si nos chemins se sont séparés.
J’espère le retrouver un jour !

V.S. : Vous faites partie des coauteurs, tout comme moi du reste, du livre collectif ‘Nos Tendres Années avec… Sylvie Vartan’, paru aux Editions des
Etannets en septembre 2004. Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à ce projet et que pensez-vous du résultat ?

P.S. :
Lily est formidable dans son enthousiasme et son énergie. Mener à bien un projet comme celui-ci est colossal et je la félicite. Je trouve le livre magnifique et rigolo
de part les anecdotes que l’on y raconte… Il faut que les fans l’achètent !

V.S. : Comment avez-vous connu le site SylvieVartanShow et qu’en pensez-vous ?

P.S. :
Un ami fan m’a dit qu’il m’avait vue en photo, j’ai surfé pour me replonger dans le passé… j’ai adoré ! Ce site est beau esthétiquement, et agréable et original.
Bravo !

V.S. : Pour finir, si vous aviez un message à faire passer à Sylvie, que lui diriez-vous ?

P.S. :
Je la vois toujours en coup de vent, à la fin d’un spectacle, débordée par l’amour des fans et ses obligations. Nous nous sommes toujours croisées, jamais
arrêtées… C’est un sujet que j’explorerais si je devais lui écrire une chanson ! Elle a guidé ma vie sans le vouloir, puisque j’ai réalisé mon rêve de danser à ses côtés,
puis j’ai rencontré le papa de ma fille musicien avec elle en 80, avec lequel j’ai passé 15 ans de ma vie. Choses magiques qu’une petite fille de La Colle-Sur-Loup n’aurait
jamais imaginé vivre… Je lui dirais merci et que son livre m’a bouleversée…


V.S. : Merci à toi aussi Pascale de m’avoir accordé cette interview, d’avoir répondu à mes questions avec autant de franchise et n’oublions jamais nos
tendres années...