ENTRETIEN AVEC FRANCESCO DE BENEDITTIS

Compositeur, programmateur et musicien, Francesco de Benedittis a collaboré étroitement avec Paul Manners pour le dernier album de Sylvie Vartan « Sylvie » sorti au
printemps 2004. Il a également accompagné Sylvie sur la grande scène du Palais des Congrès en septembre 2004 à Paris, mais aussi en tournée, en tant que musicien. Il
a gentiment accepté de se prêter au jeu des questions-réponses en m’accordant une interview.

Mon train entre en gare et Francesco de Benedittis m’accueille dans cette jolie région de l’Italie, sur les bords de la mer Adriatique. Nous nous rendons à Fano – nommée
aussi la cité de la chance - où il a installé son tout nouveau studio d’enregistrement et il me guide à travers les rues de la ville, à la découverte d’un riche passé culturel
encore très présent. Des ruines romaines, l’Arc d’Auguste, des églises, la statue de Jules César indiquant du doigt la direction de Rome, etc.

Puis, après une délicieuse assiette de spaghettis, c’est dans ses nouveaux studios d’enregistrement « Naïve Recording Studio » dont l’aménagement se termine à peine
que se déroule notre entretien.

Véro SVShow :
Quel a été ton parcours professionnel ? Avec quel(s) artiste(s) as-tu travaillé ?

Francesco de Benedittis :
Mon parcours professionnel a commencé en Italie. La première chose que j’ai faite en tant que professionnel a été le projet avec Kelly Joyce et la chanson « Vivre la vie ».
J’ai œuvré en ma qualité d’auteur d’une part, mais également d’exécuteur, puisque nous avons eu l’opportunité de faire quelques concerts avec elle. J’étais au clavier et
programmateur.
Juste après, j’ai travaillé avec Enrico Silvestrin pour MTV UK (Royaume-Uni), en Angleterre. Notre collaboration a duré un peu plus d’un an. Ensuite, j’ai collaboré avec un
autre artiste italien qui s’appelle Stefano Fucili, produit par Lucio Dalla. Mais je me souviens à présent que ça s’est passé avant Kelly Joyce. C’était une petite production.
Juste après, quasiment en même temps, j’ai composé pour Tina Arena et j’ai eu l’honneur de l’accompagner sur son album.
Toujours en qualité d’auteur, j’ai travaillé avec Elodie (Frégé) et Michal, mais aussi avec Florent Pagny ou encore Grégory Lemarchal. Sans oublier bien entendu ma
collaboration la plus importante, celle avec Sylvie Vartan, comme auteur, programmateur et musicien.

Véro SVShow :
Comment a commencé ta collaboration avec Paul Manners ?

Francesco de Benedittis :
Ca a commencé un peu bizarrement. En réalité, j’étais tout juste sorti de l’école d’ingénieur du son et diplômé depuis peu de ce collège international à Milan, qui n’a rien
à voir avec l’Italie, c’est une simple filiale milanaise – tant et si bien d’ailleurs que j’ai dû passer mes examens en Hollande. En sortant de cette école j’étais,
professionnellement parlant, un ingénieur du son qui travaille la musique à l’aide des techniques du son.
Mais la musique, je la voyais simplement d’un point de vue technique et technologique. Ma passion profonde de musicien, que j’avais déjà lorsque j’étais petit, m’a incité
à m’intéresser à la façon électronique de faire de la musique, à comprendre ce qu’il y a derrière la musique. La musicalité a par la suite prédominé la technicité pour faire
de la musique.
En 2001, un ami commun de Paul et de moi, photographe, m’a dit : « Reviens de Milan, je vais te présenter un homme d’origine britannique, un personnage, etc. ». Je
suis donc retourné quelques jours à Rimini. Je suis allé chez Paul, que je connaissais d’ailleurs déjà pour avoir été un de ses clients lorsque je travaillais pour de petites
productions et pour avoir été dans ses studios lorsque j’étais adolescent.
Cet homme m’a beaucoup fasciné car j’avais un style de travail et il m’a dit : « Montre-moi ce que tu fais. Je n’ai pas besoin de technicien pour faire de la musique, j’en
trouve quand je veux. J’ai besoin de savoir ce que tu peux m’apporter d’autre, du point de vue musical. Mets de côté tes connaissances, tes diplômes et tes belles
études. Mets-toi au piano et fais-moi entendre tes idées et ce que tu fais, toi. »
Presque immédiatement, il m’a engagé pour travailler dans son studio et c’est ainsi que tout a commencé avec Paul Manners.

Véro SVShow :
Connaissais-tu Sylvie Vartan avant de travailler avec elle ? A quand remonte votre première rencontre ?

Francesco de Benedittis :
Oui, je connaissais déjà Sylvie Vartan, puisque mes parents sont des fans de Sylvie, surtout mon père. Paul m’a proposé d’entreprendre cette aventure aux côtés de
Sylvie et c’est pour moi un merveilleux souvenir.
Au début, j’ai pris ça comme un défi. Regarde, m’a dit Paul, tu composes des musiques, alors pourquoi n’écrirais-tu pas pour cette grande artistes française qu’est
Sylvie Vartan ? Pour ma part, je me suis engagé avec beaucoup d’intérêt, même si au fond, je me disais que j’avais quand même très peu de chance de travailler avec
elle. J’ai donc abordé ça d’une manière sereine, car le fait déjà que quelqu’un me propose une telle collaboration m’a rendu très heureux.
De rêve, cette collaboration est devenue réalité, ce qui m’a fait encore davantage plaisir. Lorsque j’ai annoncé à mes parents que j’allais travailler avec Sylvie, ils m’ont dit
: « Sylvie ? Sylvie Vartan ? LA Sylvie Vartan que nous connaissons ? ». Ils étaient stupéfaits. Elle est formidable, m’ont-ils dit. Et ils m’ont alors expliqué plein de choses
à son sujet que j’ignorais. J’ai pu mesurer avec qui j’allais travailler.
Ma première rencontre avec Sylvie a eu lieu ici, en Italie, le jour de l’audition. J’étais terrorisé. Bien sûr, j’avais déjà travaillé avec d’autres artistes italiens plus ou moins
connus, mais Sylvie est tout de même une artiste internationale. J’étais donc très nerveux, très impatient aussi. Je n’avais vu Sylvie que sur des photographies et cet
après-midi là, elle était dans ce petit théâtre près de Rimini avec Tony, pour cette audition. J’avais proposé de partager ce défi à mon groupe de musiciens et nous étions
tous là.
Sylvie m’a fait une impression très agréable. Elle m’a apporté, par sa présence, une grande sérénité par sa profonde maîtrise d’elle-même. Mais elle m’a aussi un peu
intimidé. Par la suite, j’ai découvert que c’est une splendide personne, qui donne énormément.
La relation entre l’artiste et ses musiciens n’est pas toujours simple, mais avec Sylvie, tout s’est bien passé. Tant elle que Tony nous ont acceptés et on avait presque l’
impression de faire partie de la même famille. Elle exigeait énormément de nous professionnellement, mais elle donnait également beaucoup. Ca m’a grandement touché !

Véro SVShow :
Dans quelles circonstances as-tu été amené à travailler avec Sylvie ?

Francesco de Benedittis :
Les premières circonstances furent indirectes puisqu’il s’agissait d’un travail en studio pour l’enregistrement de son album « Sylvie ».
Je n’ai donc pas eu de contact avec Sylvie directement, mais par l’intermédiaire de Paul, sachant que je travaillais pour elle. Pour la composition, Paul m’a indiqué que
Sylvie cherchait des morceaux plus ou moins rapides et j’ai donc essayé de comprendre et de faire ressortir le mieux possible les goûts de Sylvie. Donc au départ, ce fut
plutôt un rapport indirect.
Puis nous avons proposé nos titres à Sylvie, qui en a accepté certains et refusé d’autres. Est ensuite venu le moment d’une rencontre face à face, d’abord en Italie dans
ce petit théâtre, puis durant les répétitions à la JLA Productions à Paris.
Là, nous avons effectivement travaillé côte à côte. Cette dernière circonstance est de loin la plus agréable, puisque c’est en la côtoyant qu’on découvre véritablement une
personne.

Véro SVShow :
Tu as écrit plusieurs chansons de l’album « Sylvie » (ndlr : LA NEIGE EN ETE, GIVE ME A REASON, OUVRE-MOI LE CIEL, JE NE PLAISANTE PAS et TU SEI DENTRO DI
ME). Etait-ce une commande de la part de Sylvie Vartan ou au contraire, as-tu pu laisser libre court à ton imagination ?

Francesco de Benedittis :
Je ne saurais le dire, car lorsque je suis au piano, je me laisse beaucoup « transporter » et cette façon de travailler comporte des risques. En effet, il peut s’écouler des
mois durant lesquels je fais des choses qui ne sont absolument pas utilisables ou plutôt vendables.
Pour Sylvie, la plupart des morceaux me sont sortis du cœur. Mais j’ai également collaboré avec Davide Esposito, qui selon moi est un très bon compositeur. Nous nous
sommes aidés mutuellement et avons fait la plupart des choses ensemble.
Par exemple, je me souviens encore très bien de « Give me a reason ». C’était un jour où j’étais particulièrement content, je me suis mis au piano et j’ai composé cette
mélodie très 70’s. En revanche, lorsque j’ai écrit « La Neige en été », j’étais très mélancolique. On peut donc dire que j’ai véritablement laissé parler mon coeur.
Aujourd’hui, après l’expérience que j’ai eue de travailler aux côtés de cette grande artiste qu’est Sylvie, j’en ai davantage conscience en me mettant au piano. Pourtant,
je ne renoncerai jamais à cette façon d’écrire. Malgré tout, je serais très honoré d’écrire presque exclusivement pour Sylvie. Une partie de moi suit mon instinct pour
composer et pour rien au monde je n’y renoncerais.

Véro SVShow :
Le travail en studio pour la réalisation d’un album et la préparation d’un spectacle sont-elles des activités très différentes l’une de l’autre ?

Francesco de Benedittis :
Absolument. La manière de travailler est complètement différente. En studio, la cadence n’est pas pareille, même si pour Sylvie il faut travailler rapidement et cette
rapidité est toujours récompensée. Si tu dois faire un titre en studio et qu’il n’est pas terminé à la fin de la journée alors qu’il le devrait, tu peux être certaine que tu en
auras pour jusqu’à l’aube !
La composition suppose des instants de tranquillité, l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous ou alors ce n’est pas forcément la meilleure. La cadence dépend
donc également de l’inspiration.
En revanche pour la scène, tout est plus rapide, spontané. Tu dois réussir en prenant le moins de temps possible. On parle également d’inspiration pour la scène, puisqu’
il faut refaire des arrangements. Mais les problématiques sont différentes. Tu es au service de quelque chose de plus ample et non d’un sentiment qui te fait te relever la
nuit. Tu es au service d’un gigantesque mécanisme : Le Spectacle ! Cela suppose un rythme de travail bien établi, avec des personnes qui ne sont là que durant des
instants précis et tu dois donc toujours donner le meilleur, au moment opportun.

Véro SVShow :
Tu as également accompagné, comme d’autres musiciens italiens, Sylvie sur scène. Au cours des répétitions, comment s’est passée ta collaboration avec Sylvie ? Donne-
t-elle des indications précises de ce qu’elle attend de toi ou as-tu une certaine liberté ? Est-elle exigeante ?

Francesco de Benedittis :
Durant les répétitions, je dois dire que l’expérience fut très positive. Sylvie est une grande professionnelle, tant du point de vue technique qu’artistique. Mais par-dessus
tout, l’énorme énergie qu’a Sylvie m’a beaucoup impressionné et je l’envie pour ça. Je ne sais pas où elle puise ses force, mais elle est infatigable !
Exigeante ? Oui, Sylvie est très exigeante et c’est là le secret de son succès. Si elle exige beaucoup de toi, elle te rend autant, sinon davantage, en échange. C’est un
rapport de force qui n’est pas donné à tout le monde. J’ai beaucoup apprécié cela et mes compagnons d’aventure également. Même si parfois, on a fait des erreurs et
que Sylvie, Tony ou le chorégraphe s’en sont aperçus, nous avons fini nous aussi par entrer dans ce mécanisme très complexe, très excitant et très énergétique. Même
si les batteries se déchargent parfois, cette expérience nous a à tous fait du bien. Tant Sylvie que Tony ont toujours su nous donner une tape sur l’épaule lorsqu’on se
trompait, comme pour nous dire : « C’est pas grave, va. Tu as bien travaillé, on continue et on reprend ». Tout ça nous a tous beaucoup aidés à donner le meilleur de
nous-mêmes pour le show. Je ne remercierai jamais assez Sylvie pour ça. Son expérience fait qu’elle peut te dire « Qu’est-ce que ça peut bien faire ? C’est pas grave,
etc. ».
Elle a beaucoup apprécié notre travail et je dois dire que pour moi et mes compagnons, c’était du travail par-dessus la tête. Nous avons tous fait le maximum, afin de
montrer que même si nous étions étrangers, nous pouvions être à la hauteur.

Véro SVShow :
Quel regard portes-tu sur la carrière de Sylvie ? Comment expliques-tu sa longévité dans ce métier et l’amour que lui porte toujours autant son public ?

Francesco de Benedittis :
Sylvie fait ce métier avec le coeur. Il y a des artistes qui ne pensent qu’aux contrats, à l’argent ou à toutes les conséquences de la bonne vente d’un album, du nombre
de DVD écoulés.
Sylvie n’est pas comme ça. Elle se moque de tout ça et pense plutôt à la beauté ou à l’énergie qui peut surgir d’un morceau, à l’émotion. Plus d’une fois, j’ai entendu
dire Sylvie : « Le morceau est beau, mais les paroles sonnent faux ! ». Même si elle est consciente du marché pour sortir tel ou tel morceau en « single » pour la radio,
elle ne s’est jamais laissée influencer par le système. D’après moi, elle a un instinct formidable, que n’ont pas tous les artistes. Quant à sa longévité, elle dérive de cette
formidable énergie.

Véro SVShow :
As-tu une anecdote à propos de Sylvie ? Quelque chose qui s’est passé pendant les répétitions ou durant le spectacle ?

Francesco de Benedittis :
C’est quelqu’un de très exigeant, comme je l’ai déjà dit, de très professionnel. Sylvie arrive, répète, se donne à deux cents pour cent. Evidemment, chacun peut se faire
une opinion et dire que c’est une « accroc » du travail et c’est tout.
Ce qui m’a plu, c’est de constater que Sylvie n’est pas que ça. Lorsqu’elle a commencé à nous connaître et à se sentir « en famille », elle nous a montré une facette de
son caractère beaucoup plus sentimentale. Elle nous a permis de découvrir sa fille et les rapports qu’elle entretient avec elle, elle nous a donné des éclats de rire en
imitant un pas de danse ou en se moquant d’elle-même. Nous ne nous attendions pas non plus à ses plaisanteries. Sylvie adore plaisanter, sans pour autant que ça
nuise à son travail, sans perdre son professionnalisme. Elle sait exactement à quel moment elle peut rire et à quel moment il faut être sérieux.
Plus qu’une anecdote, c’est plutôt ce côté méconnu de Sylvie qui m’a attendri et touché. Ses rapports avec sa fille, mais aussi son lien avec Tony. Selon moi, ce sont
deux amoureux et cette estime mutuelle, le regard qu’ils portent sur leur fille m’ont profondément touché. J’aimerais que les gens, son public, puissent la découvrir ainsi.
Mais j’imagine que ses admirateurs connaissent cette Sylvie-là. On l’aime aussi pour ça !

Véro SVShow :
Comment as-tu découvert notre site ? Qui t’en a parlé ?

Francesco de Benedittis :
Qui m’a parlé de votre site ? Je ne m’en souviens plus. Vous êtes tellement formidables, le site est tellement beau qu’effectivement, tout le monde en parle.
Mis à part le fait de t’avoir rencontrée, si on voulait voir une photo d’un concert, il suffisait d’un clic. De manière plus générale, quand tu vas sur un site, tu veux voir des
photos. Pour ça, votre site est spectaculaire et je le mettrais en première position par rapport aux autres sites que j’ai pu voir consacrés à Sylvie Vartan. Mis à part les
photos mises en ligne et la permanente réactualisation, il se dégage de votre site une sympathie et une transmission ludique de l’information. Le climat austère et un peu
froid du site officiel ne donne pas très envie d’y retourner, il y a profusion d’informations.
Ce que j’apprécie chez vous est l’abondance de photographies et de matériaux visuels. Ca me fait davantage plaisir que de lire cinquante lignes d’infos. Quand tu vois de
belles photos de Sylvie qui chante sur une scène au Japon par exemple, ça te suffit. A mon avis, vous avez très bien compris l’esprit et le mode de transmission de l’
information à propos des concerts et autres événements liés à la carrière de Sylvie.

Véro SVShow :
Merci beaucoup pour tous ces compliments. En mars 2005, toi et d’autres musiciens italiens avez accompagné Sylvie au Japon pour trois concerts exceptionnels.
Connaissais-tu déjà ce pays ?

Francesco de Benedittis :
Je n’y étais jamais allé auparavant. Comme tout le monde, j’ai vu Tokyo dans des films américains. Ca m’a beaucoup marqué, en bien comme en mal, de faire ce voyage.
La mentalité est totalement différente de la nôtre ici en Europe.
D’un point de vue positif, lorsque tu visites des temples bouddhistes, tu constates ce calme, cette profonde spiritualité. Mais il y a également le revers de la médaille, à
Tokyo du moins : le bruit, la circulation, la foule qui avance tête baissée, etc. Mais ce voyage m’a plu énormément et j’ai adoré découvrir tout ça, cette autre réalité. J’y
retournerais volontiers.

Véro SVShow :
Comment décrirais-tu le public japonais de Sylvie Vartan ?

Francesco de Benedittis :
Fou, complètement fou. Il ne me vient que ce mot à l’esprit, non c’est bien le seul pour décrire le public. Si tu vas au Japon, tu imagines le Japonais qui travaille dix
heures par jour penché sur son ouvrage, qui rentre chez lui  et qui repart le lendemain pour une autre journée de dix heures. Nous avons tous cette image, nous autres
occidentaux.
Quand j’ai su qu’on allait au Japon, je me suis imaginé un public japonais qui applaudit quand il faut, qui est attentif quand il faut. Et bien non ! La réalité est toute
autre, du moins pour Sylvie. C’est probablement à cause de cette frustration qu’ils accumulent toute la journée à leur travail, mais au moment du concert, ils se
déchaînent, ils sont comme fous.
Si vous êtes un artiste et que vous lisez cette interview, je vous conseille d’aller au Japon vous produire, vous allez vous amuser…

Véro SVShow :
Au printemps 2005, une des chansons que tu as composée pour Sylvie Vartan et intitulée LA NEIGE EN ETE, a été reprise en chinois par une jeune chanteuse de Hong-
Kong. Comment l’as-tu appris ?

Francesco de Benedittis :
C’est étrange car tout est dû à une série de coïncidences. Je n’en savais rien mais pour être sincère, j’aime beaucoup cette chanson. J’étais d’ailleurs très surpris lorsque
Sylvie l’a acceptée. Ce fut un double plaisir d’apprendre que Sylvie allait la chanter et ensuite de savoir qu’elle devait sortir en « single » à Hong Kong, interprétée en
chinois par une jeune artiste chinoise. Je ne connais pas très bien cette chanteuse et tu en sais certainement plus que moi puisque, je ne sais pas comment, tu as réussi
à dénicher ce disque avant moi !

Véro SVShow :
J’ajouterais que cette même chanson LA NEIGE EN ETE fut également une sonnerie pour téléphone portable très demandée en Chine… le savais-tu ?

Francesco de Benedittis :
Non ! Tu me l’apprends. Déjà que les sonneries de portables m’énervent, j’imagine très bien entendre retentir celle-ci dans un restaurant pendant que je suis en train de
manger. Je considère le téléphone comme un objet maléfique qui est utile pour travailler et quelques fois pour communiquer avec les êtres chers. Pourtant, même si je
suis stupéfait d’apprendre que cette chanson est devenue une sonnerie de téléphone très demandée en Chine, ça me fait extrêmement plaisir. Pourquoi n’arriverait-elle
pas jusqu’en Italie ? Déjà à l’époque de « Vivre la vie », ici c’était une sonnerie très demandée. Au début j’étais content, mais après quelque temps, beaucoup moins,
enfin…

Véro SVShow :
Quels sont tes projets immédiats ? As-tu l’intention de collaborer à nouveau avec Sylvie Vartan ?

Francesco de Benedittis :
Je viens d’ouvrir une structure complètement à moi, je continue de collaborer étroitement avec Paul Manners sur divers projets à la structure de la Falcon Valley. J’ai
quelques projets d’auteur et d’accompagnateur avec Max Corona, guitariste ayant également travaillé avec Sylvie. Quant à collaborer avec Sylvie Vartan, évidemment j’en
serais plus que ravi ! Encore faudra-t-il qu’elle veuille de moi. Dans un tel cas, je serais profondément honoré – encore davantage que la première fois – car maintenant
que je la connais, je serais au septième ciel ! C’est une des plus belles choses qui ait pu m’arriver. Nous avons déjà quelques morceaux de prêts, du point de vue
expérimental du moins. Tout dépend de Sylvie, mais nous serions très contents de reprendre l’aventure à ses côtés.

Véro SVShow :
Et enfin dernière question, si tu avais un message à faire passer à Sylvie, que lui dirais-tu ?

Francesco de Benedittis :
Je veux souhaiter le Meilleur à Sylvie et à sa famille.
La chose qui m’a le plus touché au cours de cette tournée, au-delà de l’émotion que te donne le public, d’entendre une de tes compositions chantée par Sylvie et le
public applaudir la chanson, par-dessus tout, j’ai découvert qu’il peut exister une telle force sentimentale entre des gens.
Ce sentiment, je l’ai vu entre Sylvie et sa fille, mais également entre Sylvie et Tony. Un jour, j’aimerais moi aussi rencontrer une personne qui pourra m’apporter un tel
sentiment. Avoir une telle force tant envers ses enfants qu’envers son mari, malgré le cycle infernal du travail, de maintenir un tel équilibre presque parfait, surtout dans
les milieux artistiques où il est très difficile de conserver des liens étroits et sentimentaux. Le travail te ronge. L’ego d’un artiste est surdimensionné, il veut donner le
meilleur, toujours davantage.
Sylvie m’a touché car elle a des priorités et des limites claires. Malgré le fait qu’elle soit une grande figure de la musique, elle n’a jamais perdu ses repères personnels et
familiaux. Ses rapports avec nous les musiciens, m’ont également énormément marqué. Plus encore que le succès du spectacle. Ce sont presque des liens familiaux, d’
intimité et de complicité.

Bref, si Sylvie lit cette interview, je veux lui souhaiter que sa sérénité puisse durer le plus longtemps possible. Je sais qu’elle a traversé des périodes difficiles, et plus
profond encore est donc mon souhait. Je sais qu’elle est une personne très solide, très forte, qui réussira à surmonter ces moments difficiles. Et surtout, j’espère qu’on
aura l’occasion de se retrouver pour une nouvelle tournée ou un nouveau rendez-vous dans une période un peu plus sereine et tranquille pour elle.

Véro SVShow :
Merci beaucoup Francesco, d’avoir accepté de répondre à mes questions !

Francesco de Benedittis :
Merci à toi et à bientôt !


Fano, le lundi 24 juillet 2006